La Princesse des glaces – Camilla Läckberg

Attention, attention : gros coup de coeur en vue.

Il faut reprendre les choses depuis le début. J’ai toujours voué une grande passion pour la littérature noire chez Actes Sud. Quand le phénomène Millenium est apparut, j’ai découvert ces couvertures absolument fascinantes, avec ce mélange de rouge et de noir qui attirent l’oeil. Les dessins toujours un peu glauques sont une merveille et…la texture de la couverture qui est un peu velouté au toucher. Bref j’ai toujours adoré Actes Sud sans en avoir jamais lu, autant vous dire que mes attentes étaient grandes. Babel noir 😍

Le résumé : 

Erica Falck, trentenaire installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise où elle écrit des biographies, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête, Erica est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres -, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.

Stimulée par cette flamme naissante, Erica se lance à la conquête de la vérité et met au jour, dans la petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître, des secrets détestables. Bientôt, on retrouvé le corps d’un peintre clochard – encore une mise en scène de suicide…

Le récit débute avec Erica qui retourne dans son village natal, car ses parents sont décédés et elle doit trier les affaires, et dans le même temps elle découvre l’assassinat de son amie d’enfance. 

Il y a l’impression qu’Erica part à zéro. Elle n’a pas d’enfants et pas de compagnon, elle est seule et vient de revenir en ville. Ainsi le lecteur est aussi fraîchement débarqué que le personnage. Elle est dans la nostalgie de son enfance avec ses parents et son amie, ce qui permet au lecteur de faire connaissance avec Erica. De même, elle a une soeur et leurs relations ne sont pas idéales et elle revient dessus en disant pourquoi. 

Son amie Alex est assassinée, là aussi c’est bien fait parce qu’elles s’etaient perdues de vue et du coup Erica souhaite découvrir qui était la Alex adulte et va voir son entourage, pour en savoir plus. 

Un élément génial est à souligner, c’est que pour une fois et contrairement à la majorité des bouquins d’enquête, c’est pas une flic. Il y a une approche beaucoup plus intime, elle est du village et va voir au fur et à mesure des gens de son enfance. Cela donne une dimension plus intéressante et le plus c’est qu’on est pas embrouillé par des termes techniques comme du jargon médical ou de procédure judiciaire. C’est vraiment relaxant, je trouve. 

L’écriture de Läckberg est à souligner. C’est très fluide, très juste, les émotions et la psychologie des personnages sont concrètes. Ce n’est pas gore. Je sais pas comment expliquer mais la vie et les souvenirs d’Erica sont tellement entremêlés dans l’enquête, qu’il y a une sorte de douceur, c’est pas pleins de flics qui courent partout pour trouver le tueur. Il y a une dimension cool. 

Jamais j’aurais imaginé la fin, d’un coup tout le monde se relâche et dévoilent ses secrets. Il y a des choses tristes mais surtout imprévisibles. J’ai beaucoup aimé me faire surprendre, d’un coup il y a un voile qui se lève. Dans le dénouement, j’ai bien aimé encore une fois la douceur présente, finalement le tueur n’est pas sanguinaire mais résigné et prends le temps d’avouer les choses. Le bouquin est pas plié en 5 secondes et c’est appréciable.

Bref c’est l’histoire d’une femme qui traverse des épreuves, cherche la vérité, essaye de renouer avec son présent en voulant comprendre son passé. L’évolution des relations entre les personnages est touchante, elle retrouve sa soeur et débute une histoire d’amour. Il y a un parallèle entre la vie et le mouvement pour Erica et la mort pour son amie Alex. 

 La beauté et la justesse du passage : 

« Ils eurent sur eux de moins en moins de vêtements et de plus en plus se retrouvèrent en tas par terre. Cette première fois ne fut pas aussi fantastique qu’elle l’est toujours dans les romans d’amour, mais elle fut un mélange de sentiments forts et d’embarras, comme dans la vraie vie. En même temps que leurs corps réagissaient de façon explosive aux touchers l’un de l’autre, ils avaient une conscience aiguë de leur nudité, se faisaient du souci pour la moindre imperfection, s’inquiétaient des bruits gênants produits par leurs étreintes. Ils étaient maladroits, hésitants sur ce que l’autre allait aimer ou ne pas aimer. Pas suffisamment sûrs l’un de l’autre pour oser mettre des mots dessus » 

  Mon avis : 

 Un polar excellent mais aussi tellement plus. J’ai envie de dire que ce livre c’est une vie avec tout ce que ça implique, honnête, drôle et justement qui est porteur d’espoir aussi. Quand la mort est si proche, elle nous rappelle qu’on doit vivre. Je l’aime tellement que je sais même pas comment en parler

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